ATTENTION ! LA SIMPLE LECTURE DE CETTE RECETTE PEUT VOUS FAIRE PRENDRE 2 KILOS.

TOUTES LES ANECDOTES RACONTÉES CI-DESSOUS SONT RIGOUREUSEMENT AUTHENTIQUES (et j'espère vous feront assez rire pour perdre les kilos sus-nommés).

 IMG_3026

Ah ! La Corrèze ! "Riant portail du Midi" ! (ça c'est pour faire croire que c'est pas déjà dans le Nord). Tellement riant et tellement du midi que les couches de mon pauvre père gelaient dans son berceau  en ce beau mois de février 1955 qui le vit naître. 

 

Ah ! La Corrèze ! C'est aussi ma cousine Jeanne, 85 ans, tenancière du bar-hôtel-restaurant de Sainte Féréole, bourgade typique. Quelqu'un capable : 1) de dire  en regardant mon loupiot de 3 ans et demi : "Ah les enfants de nos jours, ils sont en bonne santé ! L'autre jour, je suis passée devant l'école, il y en avait pas un qui boîtait !". (chez nous, on a la dysplasie congénitale des hanches, comme les bergers allemands).

                              2) De demander, tout en la dévisageant d'un air suspect, à une amie végétarienne : "mais le poulet, vous pouvez en manger quand même ?" (bah oui, c'est pas de la vraie viande, le poulet).

                              3) De renvoyer dans les cordes les petits jeunots de Canal Plus en les traitant de pauvres cons (à 3 minutes 50 sur la vidéo visible ici : http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1780-c-action-discrete.html?vid=516872&sc_cmpid=FBSharePlayer)

 

Ah ! La Corrèze ! C'est aussi sa célèbre "Foire du livre", qui tente tous les ans de tuer à grands coups de cholestérol le fleuron de la littérature française ("Lancé en 1985, le Train du livre, rebaptisé"train du cholestérol" par Antoine Blondin, est un peu le tapis rouge qui emmène le Tout-Paris littéraire de la gare d'Austerlitz jusqu'en Corrèze. Dès le début, tout était prévu au menu : tourtou, foie gras, mique, salade aux noix et à la langue, clafoutis et alcool. Tout, sauf l'eau minérale ! Un arrêt fut nécessaire en gare de Limoges pour réparer l'oubli" ).


Bref, en Corrèze, on se pèle les miches, alors pour compenser, on parle fort, on danse sur "le petit bonhomme en mousse" (euh ça c'est pas obligé), et on mange. Beaucoup. Et gras. En vouant un culte à la patate (mais en gardant un champ de topinambours au cas où- mon grand-père a dû cesser la culture vers 1996, à peu près au moment où l'eau chaude est arrivée dans la maison). 


Le pâté de pommes de terre figure en bonne place parmi les spécialités locales (le plus souvent à base de patate, comme les farces dures de pommes de terre ou le miassou). Voici comment le réaliser. Je propose d'abord la version édulcorée servie ce midi  en salle des profs (je ne sais pas si un estomac non corrézien peut survivre à la "vraie" version, mais les plus courageux pourront tenter avec les modifications suggérées en dessous). 

 

Il vous faut : 

- 2 rouleaux de pâte feuilletée (pur beurre, au minimum)

- 20 cl de crème fraîche liquide (mais entière, faut pas déconner)

- 500gr de pommes de terre

- 200 à 300 gr de chair à saucisse

- 3 gousses d'ail

-1/2 oignon

- un peu de persil

-Sel, poivre

- 1 jaune d'oeuf pour dorer le dessus

 

Préchauffez le four à 220°. Pendant ce temps, pelez les patates et coupez-les en rondelles (à la main pour éliminer quelques calories par avance). Dans un saladier, mélangez les rondelles de pommes de terre, une bonne pincée de sel, du poivre, et la crème fraîche.

Mixez ensemble l'ail, l'oignon, la chair à saucisse et le persil. 

Etalez dans un moule une première pâte feuilletée, en la piquant légèrement à la fourchette. 

Disposez la moitié des patates à la crème. 

Superposez la chair à saucisse. 

Terminez par le reste de pommes de terre et de crème fraîche. 

On recouvre avec la seconde pâte feuilletée, en la collant bien au bord avec l'autre, façon tourte. On ménage au milieu de la pâte un trou (j'y insère une cheminée en papier sulfurisé pour aider à éliminer la vapeur d'eau pendant la cuisson). Dorez au pinceau avec un jaune d'oeuf dilué à l'eau. 

Enfournez 40 à 45 minutes à 220°, puis une dizaine de minutes à 180° (en enlevant la cheminée de papier sulfurisé). 

Laissez reposer 30 minutes hors du four avant de servir, pour laisser aux patates le temps de boire la crème fraîche restante (et pour pas se brûler la gueule complètement). 

 

Pour les téméraires : On remplace la pâte feuilletée par une pâte brisée ou briochée à la graisse d'oie, la chair à saucisse par un hâchis à base de lard et de mie de pain agrémenté de 6 gousses d'ail et de persil. Des pervers creusois rajoutent du fromage.